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O'Bivwak 2013... nous l'avons fait... ou presque !!!

Voici en quelques lignes le CR de la MICHA Team POP Aventure, alignée sur le Circuit D d'O'bivwak 2013 !!!!!

Départ de Périgueux, à la Girafe pour les connaisseurs, vendredi en fin de journée. 

Laure, Thierry, JB, Emilie et Stef et un coffre plein de sacs à dos plus ou moins légers.

Destination : Méaudres dans le Vercors, le gîte trouvé par Thierry grâce à son réseau de Spéléos !

Arrivés à 23h30, après une légère déviation vers Valence pour remonter de belles gorges escarpées, nous prenons position dans notre magnifique gîte.

Nous accueillons, les yeux mi-clos, l'équipe de Cédric et Sébastien, 1h30 du matin. Dodo pour tous jusqu'à 7h - 8h. La tension monte, le ciel est dégagé sur la vallée, il fait doux et les sommets sont dans la brume et enneigés. On est prêt.

Dernière verif des sacs, nous partons, petit crachin, l'aventure peut commencer ! Nous quittons avec un peu de regret notre gîte en lui donnant rdv dimanche soir !!

Arrivés à Villard de Lans, nous sommes accueillis par la pluie et les organisateurs. Il faut monter en haut du village pour récupérer les cartes et les dossards et trouver des toilettes, rares.

J'en profite pour récupérer plusieurs cartes des sessions précédentes pour l'école de CO et faire travailler nos jeunes sur les choix d'itinéraires. Retour aux voitures pour mettre le dossard et se préparer. 

Je me fends d'une petite blague pour Laure, lui faisant croire que sur le D, nous n'avions pas les mêmes cartes (c'étaient celles du Beaujolais, l'année dernière). Cela a marché quelques secondes, c'était rigolo, elle y a cru. 

Tout le monde est prêt, les cartes sont rangées ou presque. Je me permets de titiller l'équipe Laure/Thierry à la sortie du parking en les menaçant d'écrire sur le site qu'ils sont partis sans leur carte du Raid... et là Thierry comprend qu'il les avait laissées sur le toit !!!!! Rôôô ;)

Nous montons attendre le départ, sous une pluie de plus en plus forte, 8°C, on y est ! On ne recule plus ! Le vent se lève.

12h - Le départ est donné aux 2300 inscrits. Le vent est tel que l'arche de départ s'effondre sur les premiers concurrents et tout le monde porte cette arche à bout de bras... Annonciateur des conditions météo qui deviennent de plus en plus.... Descente dans le village pour remonter aux remontes pentes (ski) chercher les def de postes à reporter sur nos grandes cartes (Deux fois du A3, donc du A2) . Ouf, Thierry a ses cartes, on est rassurés.

Belle course d'approche, dans les mille premiers, avec Emilie, on se pose un peu plus haut pour reporter nos postes. La pluie a doublé, elle cingle les visages, le vent envole des cartes et des def, des ponchos font cerf-volants.... cela devient apocalyptique mais bon... on y est, on ne réfléchit plus !!!! Emilie prend les cartes roulées dans une poche latérale de notre sac à dos et me pose une question... tiens, on a trois cartes....?? et là, le BLANC, elle lit sur mon visage une certaine inquiétude, détresse, panique... devinez un peu... ce ne sont pas les cartes d'O'bivwak 2013 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! mais celles de l'année dernière, dans le Beaujolais..... celles qui ont servi à ma blagounette avec Laure ! Horreur pendant quelques secondes, où sommes-nous, que faisons-nous, tout ça pour ça? Je me retourne, repère au loin les terrains de tennis à côté desquels nous étions garés, j'ai les clés... on ne réfléchit plus, on fonce tous les deux, sous la tempête, à la voiture en contre-bas pour cherche les BONNES cartes et, dans notre malheur, on en profite pour reporter sur les deux cartes, au sec, dans le coffre de la Passat, nos 22 postes au feutre indélébile.

10 minutes plus tard, on repart, on revient sur la zone balayée par les vents trempés, tout le monde essuie ses cartes pour dessiner les postes, c'est la panique partout, certains sont entrés dans les bâtiments, garages, impressionnant ! On se dit qu'on est les derniers, qu'il va falloir s'employer, c'est donc parti, on doit remonter au-dessus de la petite station piste bleue pour s'enfoncer 2km plus loin dans les bois, à l'abri des vents (je suis rarement sorti en CO par un temps de la sorte, les questions fusent pour la suite).

Ravis nous étions d'avoir investi dans des sacs Salomon imperméables !!! 20 litres, le minimum, au sec. On est chauds, même pas froid mais déjà trempés. Nos vestes imperméables et respirantes nous assurent une montée tranquille sur les hauteurs de Villard. Le premier poste se trouve 30m au dessus de nous, il faut grimper en s'accrochant aux arbres, cela promet. Et déjà, avec la pluie, les non initiés, et il y en a beaucoup, jardinent. On se demande si Laure et Thierry sont devant ou non...

On poursuit l'aventure mais la pluie vient se mêler au vent de plus en plus froid. Il ne faut plus s'arrêter sous peine de refroidir très rapidement. On s'est équipé comme pour le trail de Grand-Brassac, avec ses 2°C et une pluie en continu. Mais... sur ce Trail on court bien plus et là.... le froid commence à attraper les pieds trempés et les mains ! Emilie souffrent des doigts, la tenue des bâtons rendant difficile la circulation dans les doigts.

A partir de la balise 4, on commence à atteindre la première station de ski, grandes plaines, prise au vent incroyable, on a du mal à avance, on sort la longe pour progresser à deux le plus rapidement possible, cela monte, Emilie tient, on se réfugie sur les marches d'un immeuble de la station, d'autres s'engouffrent à l'intérieur. On préfère avancer, on est gelé.

On croise des familles du circuit G, les enfants pleurent, les parents paniquent, la pluie commence à faire mal au visage. On n'ose pas leur parler, ils doivent faire demi-tour, on leur fait confiance.

Descente sur la balise 6 dans un pierrier sur une pente impressionnante, on est gelé car on ne va pas assez vite. Le pire reste à venir. Les couloirs dus aux tracés des pistes de ski sont de véritables corridors à courant d'air. On avoisine le 0°C, cela monte, Emilie s'aide de ses bâtons, on avance chercher la 7 dans les bois plus haut. Il en reste 15 ! Et on a déjà 2H30 de course. Le doute s'installe mais il y a plein de coureurs derrière donc on continue.

Emilie m'attend sur le chemin et, à mon retour de la 7, elle est congelée. On ne sait pas quoi faire. On mange, on n'arrive pas à sortir nos barres, on n'arrive plus à se parler tellement on tremble, on n'est pas les seuls. On décide de poursuivre rapidement sur le chemin vers la 8. Je vois ce qui nous attend sur la carte, du TRES technique par rapport à nos 7 premiers postes, je commence à douter vu notre état... Et derrière, Emilie m'appelle en me disant qu'elle ne pouvait plus avancer. Elle n'est pas bien du tout, ne comprend pas tout ce qui se passe. On ne réfléchit plus, je lui enlève toutes ses couches du haut et lui passe son pull "sec" du lendemain directement sur la peau, je l'emmaillotte de la couverture de survie et replace le Kway par dessus. Je pense que c'est la première dois que nous avons peur sur une CO. Elle ne sent plus ses mains. Moi, même état, on décide d'arrêter car nos vêtements du lendemain ne seront pas secs. Une équipe s'arrête, je leur demande de regarder la carte pour m'indiquer la station la plus proche pour s'y réfugier. Ils ont été adorables, cela fait du bien. On repart en courant, il fallait retraverser les couloirs de blizzard, 2km vers la station. On croisait des équipes fraîches, qui couraient, d'autres qui erraient. Et, nous avons eu la chance de croiser Laure et Thierry, qui bien mieux couverts que nous, cherchaient la balise 7. On leur a annoncé notre abandon et notre retour au gîte dans l'après-midi. On devait se tenir au jus par SMS. J'étais soulagé d'avoir pu les prévenir et de les avoir vu aussi fringants ! Cela fait du bien, j'avais peur pour eux. Mais je savais qu'il leur restait maintenant la partie TRES technique... on ne s'est pas attardé, nous avons poursuivi notre descente vers la station. Et là, soulagement, des équipes affluaient vers la station, dépitées, frigorifiées, soulagées. Une petite navette récupérait les blessés, Emilie pouvait être prise en charge pour hypothermie mais elle ne souhaitait pas me laisser. On a donc rejoint Villard de Lans en courant (6km) par la route, toujours sous la pluie et dans le froid. Le moral était bien meilleur, on pensait au feu dans le gîte. 

Mais il fallait tout de même aller à l'accueil, en haut du village. Réchauffés dans la voiture, affectés, on remonte en voiture à l'accueil. Je vais annoncer notre abandon. Dans la salle, impressionnant, des couvertures de survie partout, des gens qui tremblent, d'autres qui dorment, rarement vu ça. Je récupère notre cadeau de participation et je croise Stéphane Rodriguez, du PSNO qui, avec Delphine, ont abandonné également sur le B. Ils ont affronté la NEIGE ! à 1700 m. Delphine, en hypothermie, ne récupérait pas. Personne n'avait, bien sûr, prévu d'hébergement sur Villard car nous devions dormir au "chaud" sous nos tentes. Avec Emilie, on a transporté Delphine dans la voiture et direction notre gîte (pour la petite histoire, ils avaient confié les clés de leur voiture à leurs amis d'Orientsport, partis à l'hôtel et injoignables...). Il lui a bien fallu deux bonnes heures pour récupérer. Nous, on allait bien mieux, soulagés.

Mais les autres.... je commençais à m'inquiéter pour Thierry et Laure. Seb et Cédric, sur le B, avait du s'en sortir. Je laisse des messages et Thierry me rappelle. Ils étaient à la 13, et les organisateurs débalisaient... il était 18h. Il devait me rappeler au bivouac. 20h. Thierry m'annonce que le Raid est arrêté, rapatriement des coureurs et... son portable, bien trempé, ne recevait pas ma voix, je l'entendais juste. J'ai entendu Accueil. Je file le chercher, 25 minutes plus tard, je le retrouve dans Villard et on part chercher Laure rester au bivouac mais... aucun de nous deux n'avait la carte... on descend à la zone de rapatriement (gymnase à Villard) pour connaître la route et hop, on monte sur les hauteurs. On récupère Laure, Seb et deux autres copains, le camp se vide, impressionnant, toujours aussi froid et pluvieux. La nuit rajoute son effet. Direction le gîte !!!!

Soirée repas bivouac mais devant le poële ! On se remet, on se sèche, on est rassuré. Nous sommes 13 dans le gîte, on a récupéré JPierre et Béatrice Cabianca du PSNO également.

Tout est bien qui finit bien mais nous sommes tout de même marqués et déçus. Rendez-vous est donné l'année prochaine à Annecy.

Le lendemain, super journée repos et spéléologie, un grand merci à Thierry de nous avoir fait découvrir des petites merveilles locales ! Repas confit le soir pour nous remettre et départ le lendemain vers 11h pour la Dordogne pluvieuse. Arrivée 18h.

 

 

 

 

Gros bisous à Laure, Thierry, Sébastien, Cédric, JB, Julien, Delphine, Béatrice, Stéphane, Jean-Pierre et Emilie. 

 Rendez-vous est donné en 2014 sur Annecy !!

Signé Kénobi  (O'bivwak Kénobi Coquin)

 

Commentaires   

#1 Sylvie GILLIARD 21-05-2013 10:04
Waouh !
Vous êtes vraiment des trappeurs !
Respect pour votre engagement dans une telle aventure et nul doute que, l'an prochain, vous irez au bout de votre rêve...
#2 Gregory Blot 21-05-2013 14:22
Oulala!
Je ne sais pas si ce CR me fait envie ou renoncer de le faire l'année prochaine....
Bon quand je vois le nom d'Annecy, ça me fait rêver, mais j'ai encore un an pour y réfléchir...
Bravo à vous tous en tous cas d'avoir affronté ça! Perso, je sais même pas si j'aurais pris le départ... :-|
#3 Thierry Geyer 21-05-2013 15:13
Finalement, Grand Brassac était une promenade de santé...
#4 Bruno Auzeloux 21-05-2013 19:32
On dirait du Frison Roche vos récits...C'est là qu'on voit qu'on n'est pas grand chose devant dame nature. Merci pour la lecture de ces moments uniques, c'était bien au fil des mots de savoir à l'avance que vous étiez rentrés :sigh:
Bravo bande de fous :lol: ça demande cogitations, mais ça donne envie. En tout cas ça renforce mon attirance vercoriennes...

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